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Métiers

Impôts et permis B dans la construction

Le bâtiment cumule presque tous les postes que la retenue à la source ne voit pas : des chantiers qui changent, des trajets longs, une chambre en semaine, de l’outillage payé de sa poche. C’est l’un des métiers où l’écart entre le forfait et les frais réels se creuse le plus.

Révisé le 2026-08-18

Si vous travaillez sur les chantiers avec un permis B, votre employeur retient l’impôt directement sur votre salaire, selon un barème cantonal calculé pour un salarié moyen. Ce barème ne sait rien de vos déplacements entre chantiers, ni de la chambre que vous louez près du siège, ni des chaussures de sécurité que vous avez remplacées cette année.

La taxation ordinaire ultérieure remplace ce forfait par vos frais réels. Cette page décrit ce que le métier permet de faire valoir, ce qui ne passe pas, et dans quels cas la démarche ne vaut pas la peine.

Les déductions qui pèsent dans le bâtiment

Le trajet, quand il n’est pas indemnisé

Le principe reste celui des transports publics : vous déduisez le coût de votre abonnement, dans la limite du plafond fédéral. La voiture n’est admise que si les transports publics ne sont pas disponibles ou pas raisonnablement exigibles.

C’est précisément le cas de figure du chantier, et c’est ce qui distingue ce métier des emplois de bureau : un départ à 6 h du matin vers une commune mal desservie, ou un transport d’outillage lourd, justifient le véhicule privé. Encore faut-il pouvoir le démontrer — horaires de la ligne, adresse du chantier — et que l’employeur ne vous ait pas déjà indemnisé le kilomètre.

La résidence hebdomadaire

Si le travail vous oblige à loger la semaine loin de votre domicile, le surcoût du logement et les retours hebdomadaires sont déductibles. C’est un poste que la retenue à la source ignore complètement, et il est courant chez les personnes arrivées récemment dont la famille est restée établie ailleurs.

Attention à la cohérence : la résidence hebdomadaire suppose que votre domicile fiscal reste celui où vit votre famille. Si vous avez annoncé votre départ à la commune d’origine, le poste tombe.

L’outillage et les vêtements de protection

Ils entrent dans les « autres frais professionnels », couverts par un forfait proportionnel au salaire net et encadré par un plancher et un plafond. Vous pouvez déclarer vos frais réels à la place, mais alors pour la catégorie entière et sur pièces.

C’est l’un des rares métiers où ce calcul penche du côté des frais réels : chaussures de sécurité, casque, gants, vêtements ignifugés, outillage à main renouvelé chaque année dépassent facilement le forfait. Gardez les factures — le forfait ne demande rien, les frais réels demandent tout.

Les plafonds fédéraux qui s’appliquent

Ces montants sont ceux de l’impôt fédéral direct, lus dans la table que notre calculateur applique. Votre canton fixe les siens en parallèle, parfois plus larges.

DéductionMontant 2026
Frais de déplacementTrajet domicile – chantier, activité principalejusqu'à CHF 3'300
Repas hors domicileSans cantine de chantier ni indemnité de l’employeurjusqu'à CHF 3'200
Repas avec cantine ou indemnitéjusqu'à CHF 1'600
Outillage, vêtements, autres fraisForfait, remplaçable par les frais réels3 % du salaire net · min. CHF 2'000 · max. CHF 4'000
Pilier 3a, avec caisse de pensionjusqu'à CHF 7'258
Garde des enfants par des tiersjusqu'à CHF 25'800
Impôt fédéral direct, période fiscale en cours — Source : barème de l'impôt fédéral direct utilisé par notre calculateur.

Ce qui ne se déduit pas, et qui revient souvent

  • Les indemnités versées par l’employeur selon la convention collective — déplacement, repas, découcher. Elles sont déjà compensées, et figurent sur le certificat de salaire.
  • Les vêtements ordinaires, même achetés pour aller travailler. Seuls la protection et l’uniforme comptent.
  • Les amendes de circulation prises en allant sur un chantier, et les frais de parking de confort.
  • Les repas des jours d’intempéries non travaillés : les forfaits se comptent en jours de présence effective.
  • Le permis de conduire ou les cours qui y mènent, qui relèvent de la formation initiale.

Quand la démarche ne vaut pas la peine

La taxation ordinaire est irréversible et engage les années suivantes. Trois situations la rendent défavorable, et elles ne sont pas rares dans le métier :

  • Vous êtes logé par l’employeur et intégralement indemnisé pour vos trajets : vos frais réels restent alors sous le forfait déjà compris dans le barème.
  • Vous avez une maison ou un terrain au pays : sa valeur entre dans la fortune imposable et sa valeur locative dans le revenu déterminant pour le taux. C’est le cas qui retourne le plus souvent un dossier.
  • Vous repartez dans deux ou trois ans : l’engagement porte alors sur peu d’exercices, mais la déclaration annuelle, elle, revient chaque année.

Le détail de ces situations, et la façon de les chiffrer avant de déposer, figurent dans le guide des cas où la taxation ordinaire coûte de l’argent.

La marche à suivre

  1. 01

    Récupérez votre certificat de salaire

    Il arrive en janvier ou février. Les deux chiffres nécessaires sont le salaire net et l’impôt retenu — voir comment le lire.

  2. 02

    Faites le tri entre indemnisé et à votre charge

    Reprenez le chiffre 13 du certificat : ce qui y figure a été remboursé et n’est plus déductible. Le reste est à vous.

  3. 03

    Comparez vos frais réels au forfait

    Outillage, vêtements de protection, trajets non indemnisés, chambre en semaine. Si le total reste sous le forfait du barème, la démarche vous ferait perdre de l’argent.

  4. 04

    Déposez avant le 31 mars

    Délai de péremption, sans prolongation. La demande est irrévocable et vaut pour les années suivantes.

Questions fréquentes

Je change de chantier toutes les semaines. Quel trajet dois-je déclarer ?

Le trajet entre votre domicile et le lieu de travail effectif de chaque période. En pratique, on déclare la distance moyenne pondérée par le nombre de jours, avec un relevé des chantiers. Si l’employeur vous transporte ou vous indemnise, le poste tombe pour les jours concernés.

Mon employeur me paie une indemnité de déplacement forfaitaire. Puis-je encore déduire ?

Seulement ce qui dépasse l’indemnité et reste à votre charge, sur justificatifs. L’indemnité elle-même figure au chiffre 13 du certificat de salaire, et l’administration la déduit d’office de vos prétentions.

Je loge en dortoir sur le chantier. Est-ce une résidence hebdomadaire ?

Si le logement est fourni et gratuit, il n’y a pas de surcoût à votre charge, donc rien à déduire. Si vous payez une participation, seule cette part compte. Un logement gratuit est en revanche une prestation en nature imposable et doit figurer au chiffre 2 du certificat.

Le 3e pilier vaut-il la peine avec un salaire de chantier ?

Il se déduit franc pour franc et vaut votre taux marginal, donc davantage à mesure que le salaire monte. Mais il ne réduit pas la retenue mensuelle : sans taxation ordinaire, vous bloquez de l’argent jusqu’à la retraite sans rien récupérer. Voir le guide du pilier 3a.

Je suis payé à l’heure, avec des mois très inégaux. Cela change-t-il quelque chose ?

La retenue mensuelle suit le salaire du mois, ce qui peut vous faire passer par des taux élevés certains mois et bas d’autres. La taxation ordinaire, elle, raisonne sur l’année entière : c’est l’une des situations où elle corrige un écart réel, à condition que le total annuel le justifie.

La convention collective change-t-elle mes impôts ?

Pas directement. Elle fixe des indemnités et des salaires minimums, pas des règles fiscales. Son effet est indirect mais important : plus elle indemnise vos frais, moins il vous reste à déduire, et moins la taxation ordinaire vous rapporte.

Ce que donne le calcul dans cette branche

Salaire mensuel brut médian d'un titulaire de permis B dans la division économique « Construction de bâtiments » (CHF 6'044 par mois), appliqué au chef-lieu de chaque canton servi. Profil : célibataire, sans enfant, sans appartenance religieuse reconnue.

CantonCommune de référenceImpôt à la sourceÉconomie annuelle
VaudLausanneCHF 8'203− CHF 1'106 · CHF 1'879
GenèveGenèveCHF 7'158− CHF 383 · CHF 1'911
FribourgFribourgCHF 8'848CHF 259 · CHF 2'573
ValaisSionCHF 6'709− CHF 441 · CHF 1'524
NeuchâtelNeuchâtelCHF 9'443− CHF 554 · CHF 1'797
JuraDelémontCHF 9'218CHF 1'407 · CHF 3'426
ZurichZürichCHF 4'968− CHF 800 · CHF 892
BerneBernCHF 8'696− CHF 389 · CHF 1'774
ArgovieAarauCHF 5'657− CHF 447 · CHF 1'369
Saint-GallSt. GallenCHF 7'304− CHF 370 · CHF 1'750
LucerneLuzernCHF 6'847CHF 553 · CHF 2'273
Bâle-VilleBaselCHF 7'739CHF 315 · CHF 2'585
Bâle-CampagneLiestalCHF 7'093− CHF 1'113 · CHF 1'359
ThurgovieFrauenfeldCHF 7'021CHF 55 · CHF 2'009
SoleureSolothurnCHF 8'653CHF 255 · CHF 2'537
ZougZugCHF 2'241− CHF 19 · CHF 827
sans 3e pilier · avec 3e pilierMontants modélisés par notre calculateur sur les barèmes 2026. Le salaire vient de l'enquête OFS sur la structure des salaires 2024, médiane des titulaires d'un permis B dans cette division économique. Une valeur négative signifie que la taxation ordinaire coûterait plus cher que la retenue à la source pour ce profil précis.

Votre canton

Les barèmes, les déductions et le délai de dépôt, canton par canton.

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